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Colloque Lysimaque, Paris


Begivenhedsdetaljer

Denne begivenhed sluttede den 16 juni 2024


Lacan avec Kant ?

15.– 16. juni 2024

Lire à partir de l’acte analytique les œuvres dites critiques de Kant, c’est se confronter à la riche question des limites ou même de l’au-delà de la ligne de la Raison. Mais c’est peut-être aussi questionner la limite d’un échange fructueux entre la raison kantienne et la raison freudienne ?

Car la bipartition qui fait frontière entre sensibilité et entendement vole en éclats du fait que l’acte analytique fait valoir que l’intuition est lettrée dans sa réceptivité, c’est-à-dire qu’elle prend une fonction littérale et de là littorale.

Ou dit autrement : que toute perception ou intuition en tant que lettrée se soutient de la complexe question de l’incorporation de la lettre. Un des noms de l’incorporation de la lettre est le littoral qui appelle à « une réforme de l’épistémologie qui est subversion du sujet » (Lacan). Cette réforme propre au littoral ne va cependant pas sans l’acte, c’est-à-dire pas sans une dissolution continue de la disparité subjective du transfert. Le littoral en effet a pour vecteur la pulsion dont « l’idée » est un trou fondamental (quasi conventionnel) pour expliciter les méandres aporétiques de l’acte analytique en exil de, sinon en opposition à toute ontologie. Un non-fondement est ainsi au fondement de l’acte.

Serait-ce de son propre exil que chacun tentera, dans un débat qui ferait dès lors colloque, d’en expliciter le soutien littoral ou (et) de se situer sous le (ciel ?) transcendantal… : apories ?

Le texte de Lacan, « Kant avec Sade », pourrait aussi constituer un enjeu dans ce débat sous le ciel « sans étoile » que seul le temps logique de l’acte découvre. Serait-ce sous ce ciel déserté que résideraient les lumières freudiennes en acte ? Acte ou temps logique ou littoral se nouent de toute façon comme Un. Ce nouage pourrait appeler à une dimension inédite de l’écriture qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, soit un nouage dissous dans ce qu’elle ne cesserait pas d’écrire. Mais l’écriture quant à elle serait dès lors forclose de l’espace-temps qui cadre l’écrit philosophique. Il en va donc ici, dans « Lacan avec Kant », d’un autre « avec » que celui de l’« avec Sade » : peut-être s’agit-il ici d’un « avec » qui fait sé-paration ? Mais, que de cette sé-paration persévère la croyance que l’acte analytique pourrait de lui-même produire ses conditions de possibilité ; alors ce ne serait là que l’avenir de l’illusion d’un progrès sans limite, partagée avec les philosophes, y compris sous l’angle prédicatif d’une telle ontologie.

Frédéric Dahan